Dimanche 8 Novembre 2015
La météo est toujours aussi exécrable… en ce début de matinée. C’est l’opportunité pour passer ce dimanche matin à l’abri et visiter le musée de Dunedin. C’est un agréable musée ayant différentes collections dont une offrant un aperçu de la culture Maori, et une seconde particulièrement intéressante sur les cultures du Pacifique des iles de la Polynésie et de la Mélanésie. A la sortie du musée la pluie s’est transformée en bruine, je saute sur l’occasion pour visiter le petit centre ville de Dunedin.


La ville de Dunedin capitale de la région d’Otago a été construite avec les richesses de la ruée vers l'or, et de la pêche des baleines par des émigrants écossais. Dunedin veut dire en gaélique Edinbourg du Sud. Ils n’ont pas dû être dépaysés au niveau de la météo ! Aujourd’hui la ville compte 120 000 habitants, est la deuxième plus grande ville après Christchurch située sur l’ile du sud. La ville a conservé de nombreux bâtiments d’architecture victorienne et édouardienne. Clochers d'églises gothiques, manoirs tarabiscotés, hôtel de ville et gare ferroviaire entre autre.



La ville abrite également une des plus grande université du pays avec plus de 25000 étudiants et une fabrique de chocolats, de la célèbre marque Cadburry. Je me remémore de la publicité du petit garçon mangeant ces fameux fingers et disant Monsieur Cadburry, vous pourriez pas les faire un peu plus longs…car moi aussi vous l’aurez compris, j’en raffole... Je résiste cependant à ne pas la visiter tout comme à éviter la boutique de l’usine…

Je reprends ma route pour me rendre sur la péninsule d’Otago, qui abrite le port et la rade de Dunedin.
J’ose m’aventurer malgré la pluie qui redouble à nouveau d’intensité jusqu’au bout de la péninsule, le long d’un littoral accidenté pour atteindre la réserve protégée qui abrite une colonie de l'un des plus rares pingouins du monde, le Yellow Eyed Penguin dont j’ai pu apercevoir la veille un spécimen et possède également la seule colonie d’Albatros Royaux du pays. Je ne verrai que des lions de mer s’amuser à batifoler dans les vagues ou à se reposer sur les rochers…


Je quitte donc Dunedin sous une pluie écossaise et continue ma route vers le nord. La pluie miraculeusement s’interrompt au niveau de Shag Point. C’est l’occasion pour la pause pique nique et refaire une tentative pour observer ces fichus pingouins. En effet une colonie est localisée au niveau du cap. Peine perdue, pas un pingouin à l’horizon, cette fois ci ceux sont les otaries qui farnientent sur les rochers.
L’arrêt suivant est assez proche, se situant sur la plage de Moearaki afin de voir ses fameux rochers en forme arrondie. Une véritable curiosité géologique due d’après l’explication scientifique la plus sérieuse à des dépôts de calcites autour de noyaux de boue fossilisés… Pour moi c’est du charabia… mais bon le résultat est assez surprenant d’autant que certains rochers ressemblent à des ballons de football d’autres sont extrêmement lisses…


La pluie refait son apparition à mon arrivée à la petite ville d’Oamaru. J’ai en effet critiqué à plusieurs reprises le manque d’intérêt des villes du pays, mais je dois reconnaître qu’Oamaru a un certain cachet. De nombreux bâtiments construits fin 19ème siècle avec la pierre d’Oamaru, d’une couleur blanc crème ont conservé leur charme. La ville ayant prospéré grâce à son port avec le début de l’exportation de la viande…


La rue principale qui se nomme Thames Street, est assez scénique avec de nombreux bâtiments comme les banques, hôtels, Opéra, Palais de justice récemment restaurés. Il est temps de reprendre la route et de regagner Timaru qui sera ma ville étape du jour.
Lundi 9 Novembre 2015
Départ pour ma dernière étape, la région de Canterbury où se situe Christchurch. La bonne nouvelle est que la pluie a cessé, et qu’il fait relativement doux, mais le ciel reste couvert et très bas.
Direction la nationale de l’intérieur numéro 72 dite scénique. Elle n’est pas à la hauteur de ses cousines que j’ai pu suivre depuis mon départ d’Auckland. Les paysages sont assez monotones et décevants hormis le passage des gorges de la rivière Rakaia La route a tout de même le mérite d’éviter le trafic et l’urbanisation de la nationale 1 qui longe la côte. J’arrive du coup ne faisant que très peu d’arrêt et n’étant pas motivé vu la météo pour faire une petite randonnée en forêt aux alentours de la ville de Rangiora que j’avais prévu comme dernière étape. Je ne suis pas emballé par la ville et ses alentours.

Finalement je regagne Christchurch en début d’après midi. Après avoir réservé un emplacement de camping pour la nuit, je rejoins le centre ville de Christchurch. Christchurch est la ville la plus ancienne de Nouvelle Zélande, la ville compte environ 360 000 habitants, est la plus importante agglomération de l’ile du sud. Elle est connue comme la ville des jardins, comptant plus de 740 parcs. Elle a malheureusement subit d’importants dégâts lors des tremblements de terre successifs de 2010 et 2011. Je ne m’en rends pas compte car regagnant le centre ville par les quartiers résidentiels et débutant ma visite de la ville par le superbe Jardin Botanique et le parc Hagley d’une taille de plus de 165 hectares, suivie d’un non moins intéressant musée de la ville dont les collections sont mises en avant de manière ludique ou très visuelles pour le public. La reconstitution d’une rue de Christchurch fin 19ème siècle avec magasins pour exposer dans leurs vitrines objets d’époque en est un des nombreux exemples.




C’est lorsque je rejoints le centre ville depuis le musée que je me rends compte des dégâts causés par ces deux séismes successifs. Les mots qui me viennent naturellement et régulièrement en visitant le centre ville qui débute seulement sa reconstruction sont « quelle catastrophe ». De nombreux bâtiments ont été rasés laissant place vide à des parkings temporaires, des immeubles, maisons, hôtels non détruits sont barricadés ou sécurisés, seuls subsistent les bâtiments les plus récents. On a l’impression d’être dans le décor d’un film catastrophe… Les hôtels Novotel et Ibis construits avant le séisme et n’ayant subis que des dommages mineurs en sont de bons exemples, faisant figure de rescapés. (Cocorico) La ville débute donc sa reconstruction, que ce soit par la construction de bâtiments administratifs, hôtels, commerces, et centre de congrès dont le groupe Accor en sera le gestionnaire… (A nouveau Cocorico !) ou en tentant de préserver bâtiments historiques comme le musée des beaux arts.






Il faudra attendre encore quelques années pour que la cathédrale puisse retrouver une seconde jeunesse… Si vous travaillez dans les bâtiments publics, et que vous voulez vous expatrier, je pense que Christchurch est la bonne destination et que vous devriez trouver aisément un travail.


Je regagne mon campement en fin d’après midi, profitant de cette belle après midi, pour nettoyer la voiture, faire ma corvée de lessive et préparer mon sac à dos afin de rendre demain matin le véhicule. Ce sera donc ma dernière nuit dans mon king size bed Toyota.
Mardi 10 Novembre 2015
Comme convenu je rends mon Camper Van Toyota au loueur. Finalement il a vaillamment parcouru 3800 km sur les routes néo zélandaises en 14 jours, pas mal finalement pour cette vieille carcasse, et qui a eu la bonne idée de ne pas tomber en panne… surtout sur les routes du sud…
Je regagne le centre ville, en transport en commun et pour ces deux derniers jours, je loge à la maison, chez Ibis ! L’hôtel est idéalement situé en plein cœur de l’ex centre ville ou du nouveau centre ville… Mais pour le voir il faudra revenir dans deux ou trois ans…


Je termine ma petite visite d’Auckland, passant de paysage de chaos, de créativité par les nombreuses œuvres d’art modernes présentes dans divers quartiers, aux beaux milieux de terrains vagues, grues et buldozers, la cathédrale temporaire ou par le centre commercial « Re Start » (redémarre) construit de containeurs permettant aux commerces d’exercer leur activité le temps de la reconstruction de centres commerciaux et ayant le mérite de récréer une vie en plein milieu de cet immense chantier où plein de petits hommes vêtus de gilets jaunes ou oranges fluos s'activent.


Les néo zélandais ont déjà l’esprit tourné à Noël et aux fêtes de fin d’année, les magasins ayant déjà décoré leur vitrine de sapins de Noël, les supermarchés ayant achalandés leur rayons de chocolats, coffrets cadeaux et décorations diverses pour arbres de Noël...
La fin d’après midi est consacrée une fois n’est pas coutume à profiter du confort de ma très belle chambre à farnienté et à récupérer finalement de la fatigue accumulée durant cette quinzaine à parcourir ces belles nationales néo zélandaises.
Mercredi 11 Novembre 2015
Dernier jour à Christchurch avant mon départ pour Sydney jeudi matin à la première heure.
C’est la fin du printemps mais on a plutôt aujourd’hui un temps d’automne voir d’hiver… donc vous avez peut être meilleur temps que moi en France ! Alors que hier après midi le temps était pratiquement estival, Il fait ce matin un petit 9 degrés et le ciel est chargé. C’est assez surprenant le changement climatique surtout sur l’ile du sud.
Le programme est tranquille, un dernier petit tour de ville, et la visite du centre Quake City. Quake City est une annexe du musée de Canterbury créée suite aux deux séismes successifs que la ville a subi les 4 septembre 2010 et 22 février 2011. 80% des bâtiments du centre ville ont été sévèrement affectés par le deuxième séisme et ont dû être détruits. 185 personnes ont perdu la vie, soit de crise cardiaque où écrasés par l’effondrement de pans de façades. Un mémorial où 185 chaises de couleurs blanches sont exposées a été construit en l’honneur de ces disparus.


Plus de 1000 kilomètres de route ont dû être reconstruites, les réseaux électriques, d’eau potable et d’eau usée à réparer… bref un impact considérable sur la vie quotidienne de ses habitants. Aujourd’hui c’un formidable défi urbain pour les architectes à relever afin de créer la ville du futur, tout en maintenant une ville et des services transitoires comme églises, magasins, banques…. Mais ce qui est vraiment incroyable, en discutant avec des habitants de Christchurch, c’est leur force, volonté et fierté d’aller de l’avant et de rebondir de ces évènements. Bref comme je l'ai déja dit, il faudra revenir dans 2 à 3 ans pour en avoir un bel aperçu, même s’il faudra certainement encore plus d’années afin que la ville efface la cicatrice de ces séismes, mais ce sera certainement une ville exceptionnelle pensée pour le bien être de ses habitants.


En effet comme le démontre la façade du nouveau musée d'art moderne qui devrait ouvrir bientôt, "evrything is going to be alright" (tout va bien se passer)...

Ma page all blacks se termine… vous l’aurez certainement compris en lisant les résumés de ma traversée des deux îles, j’ai vraiment adoré ce pays, peuplé par des gens d’une gentillesse extrême, ses paysages variés et spectaculaires malgré une météo assez capricieuse et changeante. Bref la Nouvelle Zélande mérite vraiment le voyage à condition bien entendu d’aimer la nature et de la respecter.
