Changement radical avec la tranquillité d’Hoi An, la ville ressemble à une véritable ruche avec ses milliers de motocyclistes. Le Vietnam compte 40 millions de deux roues motorisés, soit le deuxième marché mondial après la Chine. Bruits de klaxons incessants, anarchie à chaque croisement, la ville est proche du chaos… si les vietnamiens ne changent pas leur habitude de conduire et la ville a pris énormément de retard dans la construction de sa première ligne de métro qui devrait être opérationnelle en 2018.


Je vais consacrer mon après midi à la visite du premier district, un des anciens quartiers résidentiels et colonial avec le district 3. Par ailleurs ces districts ont gardé le nom de Saïgon. Je débute par une courte visite du marché de Ben Than qui regorge d’artisanat, de souvenirs, copies de vêtements de grande marque, mais également de petits comptoirs de restauration et de marchands vendant café vietnamien à des prix exorbitants.




Je suis bien entendu harponné par un vendeur tous les trois mètres pour acheter un article de leur échoppe. A les écouter il me faudrait plus qu’un conteneur pour envoyer tous ces achats !
Je rejoint le palais de la Réunification qui fut construit à l’origine sur l’emplacement de l’ancienne Résidence du Gouverneur de France de Cochinchine. Le palais construit en 1966 fut le palais présidentiel du Vietnam du Sud jusqu’à l’arrivée du premier char communiste le 30 avril 1975. A deux pas se situe la rue Pasteur une des dernières rues d’Ho Chi Minh a avoir conservé un nom français, le sud du Vietnam indépendant depuis 1955 s’étant débarrassé progressivement de toute influence française en remplaçant le nom des rues par le nom d’héros vietnamiens ayant lutté pour l’indépendance du pays.


Pour la petite histoire du jour, seules 4 rues d’Ho Chi Minh ont conservé un nom français : trois scientifiques : Pasteur, Calmette, Yersin et un missionnaire Alexandre de Rhodes, qui ont tenu un rôle important dans l’histoire du pays. Pour être honnête avec vous, je ne connaissais que Louis Pasteur. Les docteurs Albert Calmette et Alexandre Yersin étaient des proches collaborateurs de Louis Pasteur. On doit à Albert Calmette l’invention du vaccin contre la tuberculose et la fondation de l’Institut Pasteur de Saigon ouvert en 1891, le premier ouvert en outre-mer. Alexandre Yersin a découvert le bacille de la peste, et fut également le fondateur du second Institut Pasteur en Indochine en 1895, basé à Nha Trang. Il est notamment connu au Vietnam pour être à l’origine de la ville de Dalat et avoir ouvert l’École de médecine de Hanoï.
Alexandre de Rhodes, prêtre jésuite et linguiste, a mis au point la transcription romanisée et phonétique du vietnamien : le Quốc ngữ qui sera ensuite utilisé dans tout le pays.
Enfin l’hôtel de ville, un palais construit par l'architecte français Paul Gardès de 1902 à 1908 abrite désormais le Comité Populaire.



Le quartier regorge de bâtiments coloniaux construits durant les cent ans de présence française en Indochine, l’Opéra, inspiré de l'architecture de l'Opéra Garnier de Paris, a été construit en 1900. La façade de l'opéra est une réplique du Petit Palais de Paris.


La Cathédrale Notre-Dame de style roman a été construite par les Français de 1877 à 1880, avec des briques fabriquées et importées de Toulouse et transportées en bateau depuis Marseille, les vitraux ont été fabriqués par une entreprise de Chartres.
La magnifique Poste centrale, signée Gustave Eiffel, a été construite entre 1886 et 1891 par l'administration des Postes françaises, à l'époque de l'Indochine française.








Mardi 12 Janvier 2016,
Bon anniversaire Papa !

Programme du jour : Good morning Vietnam !
Cela vous parle bien entendu ? Célèbre film américain avec Robin Williams dans le premier rôle.
Rappelez vous : 1965. Voilà deux ans que les Américains s'enlisent au Viêtnam. Le moral des troupes baisse, et avec lui les chances de victoire. Sur la base arrière de Saïgon, en zone démilitarisée, l'animateur Adrian Cronauer vient reprendre la tranche horaire matinale de la radio militaire. Loin des formats poussiéreux de la langue de bois officielle, ses commentaires irrévérencieux et son art très rock de la programmation musicale suscitent l'adhésion immédiate des troupes. Et "Good morning, Vietnam!", le cri de ralliement qu'il hurle dans le micro en guise d'introduction, devient un slogan phare.




Et bien croyez moi après avoir visité ce matin les tunnels du Cu Chi situés à une cinquantaine de kilomètres d’Ho Chi Minh, il fallait ce genre d’émission radio pour que les GI envoyés sur ces terres hostiles puissent garder le moral face aux tenaces Vietcongs.
C’est en effet un des lieux les plus saisissants de l’histoire de la guerre du Vietnam. Le réseau de tunnels de Cu Chi a joué un grand rôle dans la guerre. Ils furent creusés dès la fin des années 1940 par des combattants déterminés mais sous-équipés face à des forces françaises puis américaines disposant d'artillerie, de bombardiers et d'armes chimiques.



C’est un système très complexe de souterrains, longs de 250 km, construits sur 2 à 3 niveaux avec plusieurs ramifications semblables à une toile d’araignée. Ils relient la partie nord d’Ho Chi Minh ville au terminal de la Piste Ho Chi Minh. Ils ont été creusés de nuit comme de jour par les habitants et la guérilla. A certains endroits étaient aménagés cuisines, hôpitaux, chambres, salles de réunion et postes de combat.
Une centaine de mètres de tunnels larges de 80 cm et hauts au maximum d’1,20 mètres sont accessibles aux visiteurs. Claustrophobes, s’abstenir ! Bien entendu on est en pleine propagande en visitant ce site, cependant la construction démontre toute la ténacité du peuple vietnamien et son intelligence dans son combat face au géant américain ! Récupérant et recyclant les bombes non explosées au sol, réutilisant uniformes des soldats américains tués ou capturés, créant avec des moyens de fortunes nombreux pièges...et l’on peut aisément imaginer toutes les difficultés, et l’enfer qu’ont dû connaitre les GI’s au cœur de cette région inhospitalière.


De retour sur Ho Chi Minh rien ne vaut la visite du Musée des Vestiges de guerre pour compléter mes connaissances sur la guerre du Vietnam. En effet le musée fait référence aux conflits sino-vietnamiens et surtout à l'épisode guerrier qui, de 1964 à 1975, opposa le Vietnam du Nord au Vietnam du Sud et aux alliés de ces derniers, les Etats-Unis. Ames sensibles, abstenez vous de la visite, car hormis les extérieurs du musée qui ressemblent en partie à une collection de trophées de guerre, avec avions, chars américains, les nombreuses photos de guerre, certaines de propagande. Mais malheureusement la grande majorité de ces photos est bien réelle démontrant les atrocités commises par les américains, au sol et surtout avec les effets dévastateurs des bombes au napalm sur l’environnement et sur la population…







Les français en prennent également à juste titre pour leur grade avec la reconstitution d’une prison située sur l’Ile de Phu Quoc, et la mise en avant des tortures faites sur les prisonniers : en témoigne la présence d’une cage à tigre utilisée pour enfermer les vietcong ou les décapiter à l’aide d’une guillotine….
La fin de la journée est un peu plus légère avec la visite de la Pagode de l’Empereur de Jade, temple Taoïste construit en 1909 en l’honneur de leur dieu suprême, l’Empereur de Jade, suivie d’une ballade au cœur des Jardins botaniques de Saïgon créés par les français dont une partie a été malheureusement transformée en zoo, bien dommage car le zoo est minable et une partie non maintenue.







Retour à l’hôtel en saluant une dernière fois la statue d’Ho Chi Minh.